Noellie KODIO, thérapeute conjugale et sophrologue
Noellie KODIO, thérapeute conjugale, sophrologue certifiée et fondatrice du Ministère de la Miséricorde, Temple de la Parole.

Une mission écrite noir sur blanc

Le ministère qu'elle a fondé énonce sa mission sans détour : emmener les personnes à réaliser qu'elles ont un talent, le développer, en faire une compétence. Mettre son talent au service, et non le cacher.

La formule vient d'une parabole. Elle dit pourtant exactement ce que ce Sommet cherche à établir. Un talent qui demeure enfoui ne peut porter pleinement ses fruits : il demande à être reconnu, cultivé et transformé en compétence pour être mis au service des autres. Deux vocabulaires, une même conviction.

La thérapie d'abord, la sophrologie ensuite

Sa pluralité ne relève pas d'une simple déclaration : son parcours s'appuie sur plusieurs formations et certifications professionnelles. Elle se forme d'abord à la thérapie conjugale et familiale et à la thérapie brève systémique à l'Institut Psynapse. Elle obtient ensuite, en 2019, sa certification de sophrologue à l'Institut Cassiopée, enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles, avec une spécialisation enfants et adolescents et une autre en sophrologie et maternité.

En 2020, elle ajoute la sexothérapie, l'accompagnement du deuil et les troubles de la sexualité. Sept formations en deux ans, dans trois institutions différentes. Elle est adhérente de la Chambre syndicale de la sophrologie, et anime également des formations en développement personnel.

Ce que fait la sophrologie

Elle en donne elle-même une définition qui évite le vague : une méthode psychocorporelle qui vise à rendre la personne autonome et responsable, afin qu'elle puisse assumer sa vie de manière authentique. Par la respiration, la visualisation et le relâchement musculaire, il s'agit d'harmoniser le corps et l'esprit, et d'activer tout son potentiel.

Le mot potentiel apparaît là, dans sa bouche de praticienne, sans qu'il soit question de multipotentialité. C'est le même objet, abordé par le corps.

Mettre le bon nom sur sa blessure

Noellie observe que les femmes qu'elle accompagne confondent parfois leurs blessures. Une peur, une réaction ou un comportement visible peut en dissimuler un autre, plus profond. Pour les aider à mieux comprendre ce qui se joue en elles, elle s'appuie notamment sur la grille des cinq blessures de l'âme, formalisée par Lise Bourbeau : le rejet, l'abandon, l'humiliation, la trahison et l'injustice.

Le rejet, explique-t-elle, touche au sentiment de ne pas avoir pleinement le droit d'exister ou d'occuper sa place. La personne peut alors se mettre en retrait, se faire discrète, éviter de s'exposer ou renoncer à exprimer ce qu'elle porte.

L'abandon se manifeste principalement par la peur de rester seule ou de ne plus être soutenue. Il peut conduire à rechercher constamment la présence, l'attention ou l'approbation de l'autre, parfois jusqu'à faire dépendre de lui son propre sentiment de sécurité.

L'humiliation est associée à la honte, au sentiment d'être diminuée ou indigne. La femme concernée peut chercher à devenir indispensable, prendre en charge les difficultés des autres et s'oublier elle-même, sans parvenir à exprimer ses propres besoins.

La trahison peut naître d'une confiance rompue, d'une promesse non tenue ou du sentiment d'avoir été trompée. Pour ne plus être prise au dépourvu, la personne cherche alors à tout maîtriser : elle contrôle, délègue difficilement et évite de montrer sa vulnérabilité.

L'injustice renvoie au sentiment de ne pas avoir été reconnue, respectée ou traitée à sa juste valeur. Elle peut conduire à la rigidité, à une forte exigence envers soi-même, à la recherche de la perfection et à une difficulté à accueillir ou à montrer ses émotions.

Pour Noellie, distinguer ces blessures ne constitue pas un simple exercice théorique. Il s'agit de mieux comprendre le besoin qui se cache derrière un comportement. Une peur de la solitude peut évoquer l'abandon, alors que la souffrance dominante se situe parfois dans le sentiment de ne pas avoir été reconnue à sa juste valeur.

« Lorsque nous ne mettons pas le bon nom sur ce qui nous fait souffrir, nous risquons de concentrer nos efforts sur une difficulté qui n'est pas au cœur de la blessure. »

Son accompagnement ne cherche pas pour autant à enfermer une femme dans une catégorie. Ces cinq blessures sont des repères pour ouvrir le dialogue, non des étiquettes définitives. Plusieurs peuvent se croiser, se renforcer, ou s'exprimer différemment selon l'histoire de chacune. L'essentiel demeure d'aider la personne à mieux s'écouter, à comprendre ses réactions et à retrouver progressivement ses propres ressources.

Ce qui se cache derrière une grande force apparente

Les blessures de l'âme ne se manifestent pas toujours de façon visible, observe-t-elle. Elles se dissimulent souvent derrière une force apparente, un besoin de tout contrôler, une difficulté à faire confiance, ou cette habitude de prendre soin des autres en s'oubliant soi-même.

Elle voit aussi des femmes qui doutent profondément de leur valeur, minimisent leurs réussites, ou ne s'autorisent plus à désirer, à créer, à entreprendre. Certaines vivent avec la peur de décevoir, d'être rejetées ou abandonnées, et cherchent alors constamment l'approbation. D'autres se protègent à l'inverse en ne laissant plus personne approcher vraiment.

Le corps exprime parfois ce que les mots ne parviennent pas encore à dire : fatigue persistante, tensions, troubles du sommeil, sensation d'être continuellement en alerte. Ces manifestations ne définissent pas la femme. Elles peuvent être les traces d'une histoire qui demande à être entendue.

Reconnaître son histoire sans en faire une identité

Une blessure ancienne peut brouiller le regard qu'une femme porte sur elle-même. Elle peut lui faire croire qu'elle n'est pas assez compétente, pas assez légitime, pas digne de réussir. Il arrive qu'elle possède de nombreuses capacités et n'ose pas les exprimer, par peur de l'échec, du jugement, ou même de la réussite.

L'accompagner ne consiste pas à la ramener sans cesse vers ce qui lui est arrivé, dit Noellie. Son histoire doit être reconnue, mais elle ne doit pas devenir son identité. Il s'agit de comprendre les mécanismes de protection en place, puis de l'amener progressivement à retrouver ses ressources, ses désirs et sa liberté de choisir.

Dans sa pratique, l'écoute, la sophrologie, le travail sur le corps et la respiration permettent de renouer avec les sensations et de retrouver un espace intérieur plus sûr. La foi peut constituer une ressource, précise-t-elle, lorsqu'elle correspond au chemin et aux convictions de la personne.

Beaucoup de personnes qu'elle reçoit restent dans le passé, constate-t-elle. Une grande part du travail consiste à les ramener vers le présent, et à leur faire prendre conscience du potentiel qui sommeille en elles.

L'objectif n'est donc pas d'effacer le passé, mais de ne plus être gouvernée par lui. Porter son histoire autrement, reconnaître ce que l'on a traversé, et redécouvrir des capacités qui étaient là depuis le début.

Une pratique adaptée à chaque situation

Elle reçoit en cabinet à Mantes-la-Jolie. Ses consultations couvrent la gestion du stress, le sommeil, la confiance en soi, la maternité et la procréation médicalement assistée, les pathologies lourdes et le deuil, la préparation aux examens, la thérapie de couple et la sexothérapie.

C'est une amplitude peu commune. Cette diversité exige d'adapter l'écoute, les outils et la posture d'accompagnement à l'âge, à l'histoire et aux besoins de chaque personne.

Parler devant, écouter en face

Elle est aussi pasteure, et pas seulement : elle a fondé son église en 2012, le Ministère de la Miséricorde, Temple de la Parole, 1 rue Charles Bourseul à Conflans-Sainte-Honorine. Elle y exerce son ministère depuis quatorze ans, aujourd'hui avec trois autres pasteurs.

Prêcher, c'est parler depuis la chaire, ce pupitre surélevé d'où le prédicateur s'adresse à l'assemblée. Prêcher devant une assemblée et recevoir une personne en cabinet mobilisent des postures différentes. Dans un cas, la parole est portée collectivement ; dans l'autre, elle s'ajuste à une histoire singulière. Son parcours lui a appris à transmettre, mais également à écouter ce qui ne se dit pas immédiatement.

« On ne va pas voir quelqu'un pour ça »

Elle constate une difficulté qui précède tout le reste : beaucoup de personnes issues des communautés africaines ne voient pas la nécessité d'être accompagnées. Consulter passe pour un aveu de faiblesse, pour une affaire qui ne les concerne pas, ou pour quelque chose que l'entourage et la prière devraient suffire à régler.

La conséquence est mesurable en années. Des femmes traversent des situations difficiles sans jamais franchir une porte, non parce que l'aide n'existe pas, mais parce que l'idée même d'en demander ne se présente pas.

C'est ici que son parcours prend tout son sens. Une pasteure qui est aussi thérapeute certifiée occupe une position que peu de gens peuvent tenir : légitime dans le lieu où ces femmes se rendent déjà, et compétente dans celui où elles n'osent pas aller.

Trois traditions, une même attention

Spiritualité, corps, psychisme : ces trois traditions se parlent rarement et se regardent parfois de travers. Elle les tient ensemble sans les confondre, et c'est ce qui rend son parcours intéressant pour ce Sommet. Sa pluralité n'est pas une accumulation : c'est ce qui lui permet d'atteindre des femmes qu'aucune de ces traditions n'atteindrait seule.

Une distinction demeure essentielle : ses activités d'accompagnement professionnel s'exercent dans un cadre séparé de son ministère pastoral. Les lieux, les personnes accompagnées et les modalités d'intervention ne sont pas les mêmes.

Ce qu'elle vient chercher, ce qu'elle vient dire

Ce qu'elle attend de ce premier Sommet tient en un mot : la curiosité. Un espace de rencontre où l'on peut poser ce que l'on porte, prendre le temps de s'écouter, et découvrir davantage qui l'on est au-delà des rôles et des attentes.

Son message tient en une idée : nous cherchons souvent à l'extérieur une réponse que nous portons déjà. Les rencontres et les enseignements peuvent éclairer, ils ne déposent pas en nous ce qui n'existait pas. Ils aident à reconnaître ce qui était là.

Et ce qu'elle souhaite y porter tient en une phrase, qui résume aussi sa manière de travailler.

« La réponse se trouve à l'intérieur de nous. La solution se trouve en chacune de nous. »

Et à celle qui porte plusieurs capacités sans savoir qu'en faire, elle adresse ceci.

« Femme, écoute ton cœur et ton corps : ils te parlent à chaque instant. »

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Thérapeute conjugale, sexothérapeute et sophrologue certifiée, en cabinet à Mantes-la-Jolie.

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