Marthe Dèdé Bokoni Koïvogui, entrepreneure et fondatrice du MMFLP
Marthe Dèdé Bokoni Koïvogui, dirigeante d’Invest in Africa et fondatrice du Mouvement Mondial des Femmes et Filles Leaders Panafricaines et Caribéennes.

L’autonomie économique d’abord

Originaire de Guinée, Marthe Dèdé Bokoni Koïvogui dirige Invest in Africa et développe des activités dans l’immobilier et l’agrobusiness. Elle a aussi créé sa propre marque de vêtements, en hommage à sa grand-mère, alliant tradition et modernité, inscrite dans l’économie sociale et solidaire.

Elle en fait un principe plus qu’un parcours : une femme qui décide de son économie décide du reste. Ses enfants sont à leur tour entrepreneurs, ce qu’elle présente comme la preuve que cela se transmet.

Entrer là où les décisions se prennent

Elle ne s’est pas contentée d’interpeller les institutions, elle s’y est présentée. Candidate aux élections municipales, elle siège au conseil municipal de la ville de Macenta à partir de 2018. Elle a également fondé un parti, aujourd’hui dissous.

Dans un espace politique où les femmes restent minoritaires, son raisonnement est simple : celles qui veulent changer les décisions doivent entrer dans les lieux où elles se prennent.

Des organisations plutôt que des tribunes

Elle a fondé le Mouvement Mondial des Femmes et Filles Leaders Panafricaines et Caribéennes, le Forum des Filles Leaders Panafricaines et l’Organisation des Mères et Enfants de Guinée et d’Afrique. Trois structures, trois échelles : le leadership des femmes, la relève des jeunes filles, la protection des enfants. Elle préside par ailleurs le CIFLE.

C’est le fil de son parcours : plutôt que d’occuper une fonction, créer le cadre dans lequel d’autres pourront en occuper.

Trente ans sur plusieurs fronts

Elle porte depuis plus de trente ans un combat public contre les mutilations génitales féminines, qu’elle refuse de voir justifiées par la tradition. Elle y joint les mariages forcés, les viols, qu’elle dit récurrents dans son pays, et l’illettrisme.

Sa position tient en une distinction : on peut aimer sa culture et refuser ce qui, en son nom, mutile et met des vies en danger.

Une histoire déjà partagée avec le Sommet

Le mouvement qu’elle a fondé croise directement celui du Sommet. Fanta Bayo-Lévêque, dont Le Journal a publié le portrait, y préside la commission communication et événementiel. Agnès Ounounou, marraine de ce premier Sommet, en est vice-présidente. Le Sommet du 26 septembre ne rencontre donc pas ce réseau, il en prolonge le travail.

Ce qui reste après la fonction

Une dirigeante occupe un poste quelques années. Une femme qui forme, relie et transmet produit des effets sur plusieurs générations. C’est la lecture que son parcours impose, et c’est aussi la définition de la multipotentialité que porte ce Sommet : non pas accumuler des activités, mais les faire converger vers une même construction.

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Fondatrice du Mouvement Mondial des Femmes et Filles Leaders Panafricaines et Caribéennes, porteur d’engagements d’ONU Femmes.

Le site du mouvement