Une promesse à douze ans
Son parcours professionnel n’a pas commencé à son premier emploi. Il a commencé bien avant, et elle le date précisément.
« Je crois que mon parcours professionnel a commencé bien avant mon premier emploi. J’avais 12 ans. »
Ses parents sont arrivés en France sans bien maîtriser la langue. Ils travaillaient énormément, et ils avaient réalisé un rêve, devenir propriétaires. Mais en souscrivant leur crédit immobilier, ils n’avaient pas mesuré toutes les conséquences de ce qu’ils signaient, notamment du côté de l’assurance emprunteur.
La maison s’est retrouvée menacée. Sa mère a travaillé davantage, parfois jusqu’à l’épuisement. Elle-même, très jeune, a pris des responsabilités et est devenue, selon ses mots, une deuxième maman.
C’est en comprenant cette histoire qu’elle s’est fait une promesse.
« Un jour, je travaillerai dans une banque et je ferai la différence. »
Elle le résume d’une phrase qui dit tout de ce qui a suivi.
« Cette petite fille de 12 ans ne savait évidemment pas encore comment. Mais elle savait pourquoi. »
Tenir la promesse
Elle a intégré le secteur bancaire et construit sa carrière jusqu’à devenir chargée d’affaires auprès des professionnels. Dans ce métier, elle a mis l’écoute, l’explication et la transmission au centre : que ses clients comprennent leurs choix et décident en connaissance de cause. Exactement ce qui avait manqué à ses parents.
Ce qu’on lui a dit
Son parcours a été jalonné d’obstacles, et elle les nomme sans détour.
« On m’a parlé de mon niveau d’anglais, de mon niveau de diplôme, de mon apparence. J’ai parfois compris qu’en tant que femme noire, je devrais travailler davantage pour franchir certaines portes. »
Ces remarques ont d’abord nourri autre chose que du découragement.
« Vous pensez que je n’en suis pas capable ? Alors je vais vous montrer que si. »
Elle a repris ses études et obtenu un MBA à l’IAE Paris-Sorbonne, puis un Executive MBA à l’IFG Paris. Elle est partie aux États-Unis perfectionner son anglais. Chaque objection est devenue un point à régler.
Ce qui a changé
Le moteur, lui, s’est déplacé. C’est le cœur de son récit, et sa formulation ne gagne rien à être reformulée.
« Je n’ai plus envie de réussir pour faire taire les autres. J’ai envie de réussir pour aller au bout de ce que je suis capable de construire. »
C’est de cette évolution qu’est née son aventure entrepreneuriale.
Deux entreprises, une troisième en chemin
Avec Madame Conseil, elle accompagne notamment les femmes sur les finances, l’épargne et l’organisation. On reconnaît là, des années plus tard, la promesse de la petite fille de douze ans : faire comprendre à d’autres ce que personne n’avait expliqué à ses parents.
Avec Office Privée, elle apporte des solutions concrètes d’assistance administrative et de services, aux particuliers comme aux professionnels.
Elle développe aujourd’hui une marque premium, qui exprime une autre part d’elle-même, la créativité, l’élégance et l’envie de créer.
Toutes ces facettes racontent la même femme
Longtemps, elle a cru qu’il fallait choisir une seule voie pour être crédible. C’est la conviction que ce Sommet interroge, et elle en est revenue.
« Aujourd’hui, je comprends que toutes ces facettes racontent la même femme. Je suis multipotentielle. »
À quarante-six ans, elle ne décrit pas un aboutissement.
« Je n’ai pas le sentiment d’avoir terminé quelque chose. J’ai plutôt le sentiment d’entrer dans un nouveau chapitre. »
Entreprendre, transmettre, créer, apprendre, continuer à se challenger : la liste est la sienne, et elle ne cherche pas à la réduire.
Ce qui reste de la petite fille
Derrière chacun de ses projets, dit-elle, il reste quelque chose de cette enfant de douze ans.
« La conviction que ce qui paraît impossible aujourd’hui peut devenir le défi que l’on aura relevé demain. »