Le 26 septembre 2026, le Sommet de la Femme Multipotentielle Afro-Caribéenne fera se rencontrer des femmes qui n'occupent pas toutes le même espace, ne portent pas les mêmes métiers et n'abordent pas la multipotentialité par la même porte.
C'est précisément ce que nous voulions.
Pas une succession de discours qui se ressemblent.
Mais des voix capables d'éclairer différentes dimensions d'une trajectoire : se comprendre, se libérer de certaines injonctions, habiter son identité, prendre sa place, transmettre et construire une vie professionnelle qui ne demande pas d'effacer ses différentes facettes.
01 — Olga Tsoukoula : faire tenir plusieurs talents dans une seule trajectoire
Olga Tsoukoula est à l'initiative du Sommet. Mais elle y prendra également la parole comme intervenante.
Son intervention porte une question qui traverse directement la multipotentialité :
Comment faire tenir tous ses talents dans une seule trajectoire ?
Il ne s'agit pas nécessairement de choisir une seule compétence et d'abandonner toutes les autres.
Il s'agit de construire une architecture.
Comprendre ce qui relie les expériences. Identifier ce qui doit être actif maintenant. Accepter que certains projets puissent attendre sans disparaître.
Et surtout cesser de considérer la pluralité comme la preuve qu'une trajectoire serait incohérente.
02 — Laure Volpato : créer un espace avant même les premiers discours
Toutes les transmissions ne passent pas par une conférence.
Laure Volpato, violoncelliste et poétesse, intervient dans les temps artistiques du Sommet.
Sa présence ouvre un autre espace : celui de la poésie vivante, de la musique et de la résonance intérieure.
Parce qu'une journée consacrée aux trajectoires des femmes ne peut pas être uniquement une succession d'outils, de méthodes et de recommandations.
Il faut aussi créer des espaces pour ressentir, entendre autrement et laisser une idée résonner avant de vouloir immédiatement la transformer en action.
03 — Agnès Ounounou : relier engagement, diaspora et leadership collectif
Agnès Ounounou est la marraine du Sommet et prononcera l'allocution d'ouverture.
Présidente du Haut Conseil Représentatif des Congolais de l'Étranger — HCRCE, elle agit dans la structuration et la représentation de la diaspora congolaise.
Sa présence apporte au Sommet une dimension essentielle :
Une trajectoire individuelle ne se construit jamais complètement en dehors du collectif.
Il existe les ambitions personnelles. Mais il existe aussi les communautés, les réseaux, les institutions et la transmission.
Être visible peut permettre à d'autres de l'être ensuite. Occuper une place peut aussi servir à ouvrir cette place.
04 — Oumou Diarisso : regarder ce qui nous verrouille avant de vouloir avancer
Oumou Diarisso intervient autour des blocages culturels, des injonctions, de la résilience et de ce qui peut freiner une trajectoire.
C'est une étape importante.
Parce qu'une trajectoire ne se transforme pas uniquement par davantage de volonté.
Il arrive que certaines décisions soient traversées par des loyautés, des peurs, des expériences passées ou des représentations que l'on n'a jamais réellement interrogées.
Regarder ce qui nous retient avant de décider ce que nous voulons construire.
05 — Yvonne Tangly : préserver sa voix dans la relation
Yvonne Tangly travaille autour de la relation, de l'emprise et de la reconstruction.
Cette question appartient pleinement à la multipotentialité.
Parce qu'une trajectoire ne se construit pas uniquement dans le travail.
Elle se construit aussi dans les relations, dans les espaces où l'on se sent autorisée — ou non — à évoluer, à prendre sa place et à faire entendre sa voix.
La pluralité d'une femme a besoin d'un environnement dans lequel elle peut respirer.
06 — Kerline Morisseau : transformer plusieurs mondes en une trajectoire cohérente
Kerline Morisseau participera à la table ronde du Sommet.
Son parcours relie notamment l'éducation, la gestion, l'engagement associatif, l'entrepreneuriat et la transmission.
Voilà précisément ce que beaucoup de personnes multipotentielles cherchent à comprendre.
Le problème n'est pas forcément d'avoir plusieurs expériences.
Le véritable enjeu consiste à comprendre ce qui les relie et à savoir raconter cette cohérence.
La pluralité devient beaucoup plus puissante lorsqu'elle cesse d'être une simple accumulation.
07 — Carole Brenner : les modèles et les trajectoires
Carole Brenner prendra également part à la table ronde.
Son intervention ouvre une question importante : celle des modèles et des trajectoires.
Nous construisons rarement nos représentations seules.
Nous observons des parcours. Nous cherchons des exemples. Nous comparons parfois notre propre trajectoire avec celles que nous considérons comme normales.
Or lorsqu'on ne voit autour de soi que des modèles linéaires, il peut être difficile de considérer un parcours plus composite comme légitime.
Voir une autre femme construire autrement permet parfois simplement de penser : « Cette manière de faire existe donc aussi. »
Ce ne sont pas sept réponses à la même question
C'est probablement ce qui nous intéresse le plus dans cette première édition.
Olga parle de trajectoire. Laure ouvre un espace artistique. Agnès porte l'engagement collectif et la diaspora. Oumou interroge les blocages et les injonctions.
Yvonne travaille la relation et la reconstruction. Kerline relie éducation, entrepreneuriat et transmission. Carole interroge les modèles et les trajectoires.
Elles ne disent pas la même chose.
Et c'est précisément pour cela qu'elles seront ensemble.
Parce qu'aucune trajectoire multipotentielle ne se construit à partir d'une seule dimension.
Une journée, plusieurs portes d'entrée
Le Sommet n'a pas été conçu pour proposer une définition unique de la femme multipotentielle afro-caribéenne.
Encore moins pour prétendre que toutes les participantes partageraient les mêmes expériences.
Il cherche au contraire à faire coexister plusieurs lectures.
Parce que derrière le mot multipotentialité, il existe des vies très différentes.
Des femmes salariées. Des entrepreneures. Des créatrices. Des responsables associatives. Des professionnelles en transition.
Des femmes qui commencent à peine à mettre un mot sur leur fonctionnement.
Et d'autres qui cherchent surtout à organiser ce qu'elles savent déjà d'elles-mêmes.
Non pas produire un modèle supplémentaire auquel il faudrait se conformer, mais augmenter le nombre de chemins que chacune peut envisager.